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EN BREF
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Le CNRS met en œuvre une série de mesures innovantes afin de réduire l’impact environnemental de ses achats, qui représentent 85 % de ses émissions de gaz à effet de serre. En 2025, il a introduit un schéma directeur en matière de développement durable qui incite les laboratoires à privilégier l’achat d’occasion, le réemploi et la réparation des équipements. Un arbre de décisions a également été créé pour guider les prescripteurs d’achat vers des choix moins polluants. Par ailleurs, depuis 2023, le CNRS a intégré des critères environnementaux dans ses marchés publics. Une méthode d’analyse du cycle de vie est mise en place pour mesurer et réduire l’empreinte écologique des produits, et des initiatives sont en cours pour remplacer les facteurs d’émission monétaires par des facteurs basés sur des caractéristiques environnementales réelles.
Le CNRS, en tant que premier organisme de recherche français, s’engage pleinement à réduire son empreinte carbone, en particulier en ce qui concerne ses achats. En analysant ses émissions de gaz à effet de serre, le CNRS a identifié que 85 % de celles-ci proviennent des achats d’équipements, de consommables et de prestations. Pour faire face à ce défi environnemental, plusieurs mesures ont été mises en place, notamment des outils d’analyse, des arbres de décisions pour guider les achats, ainsi qu’une politique d’achats responsables. Cet article explore les diverses innovations et initiatives du CNRS dans ce domaine.
Un bilan environnemental révélateur
En fin 2024, le deuxième bilan des émissions de gaz à effet de serre, ou BEGES, du CNRS a mis en lumière la principale source de son impact environnemental. Les achats constituent en effet le premier poste d’émission, représentant 85 % des gaz à effet de serre, loin devant la consommation d’énergie, les missions, et les déplacements. Ce constat a conduit le CNRS à élaborer son premier schéma directeur de développement durable et de responsabilité sociétale (DD&RS), visant à prioriser les actions sur les segments d’achats les plus impactants.
Arbres de décision pour des achats réfléchis
Dans le cadre de son engagement pour une consommation responsable, le CNRS a introduit des outils innovants tels que des arbres de décision pour éclairer les choix d’achat. Par exemple, l’Institut Pierre-Simon Laplace a mis en place un arbre de décision qui guide les chercheurs à travers douze options d’achat. Sur ces douze choix, une seule option mène à un achat neuf, tandis que les autres incitent à l’achat d’occasion, au réemploi ou à la réparation des équipements. Cette approche vise non seulement à réduire les coûts, mais également à amener une réflexion sur la pertinence de chaque achat effectué.
Former pour mieux acheter
La sensibilisation des prescripteurs d’achat, tels que les chercheurs et les administrateurs, est essentielle pour une diminution significative de l’empreinte carbone. Des formations ont été mises en place afin d’inciter le personnel à considérer non seulement le coût financier, mais aussi l’impact environnemental de leurs décisions. Ce processus de réflexion est crucial pour développer un sens accru de responsabilité parmi les acheteurs.
Réparation et maintenance des équipements
Pour étendre la durée de vie des équipements scientifiques, le CNRS encourage la réparation et la maintenance plutôt que le remplacement systématique. Cela permet non seulement de réduire l’impact environnemental des nouveaux achats, mais également de maîtriser les budgets des laboratoires de recherche. L’acquisition de garanties de maintenance dès l’achat d’équipements s’avère souvent moins coûteuse à long terme, et permet de retarder la nécessité d’un nouvel achat.
Inclusion d’une dimension écologique dans les appels d’offres
Afin de renforcer l’impact de ses initiatives, le CNRS a introduit, dès mai 2023, un critère environnemental dans tous ses marchés publics. Avant même que cela ne devienne une exigence réglementaire, le CNRS a anticipé ce besoin, s’assurant que tous les offres soient évaluées non seulement sur leur performance économique, mais également sur leur impact écologique. Les acheteurs partagent des ressources et des clauses environnementales adaptées pour guider l’ensemble du processus d’acquisition.
L’analyse du cycle de vie (ACV)
Une autre innovation cruciale du CNRS est l’intégration de l’analyse du cycle de vie (ACV) dans son processus d’évaluation des projets d’achats. Cette méthode permet d’examiner l’empreinte environnementale d’un produit, depuis l’extraction des matières premières jusqu’à la gestion des déchets. Le projet Utopii, mis en place par CNRS Ingénierie, vise à formaliser une méthode multicritères d’évaluation intégrant les achats dans une approche plus globale d’évaluation des impacts environnementaux.
Promotion des achats socialement responsables
Avec la publication de son premier schéma de promotion des achats socialement et écologiquement responsables (Spaser), le CNRS affirme son engagement en faveur d’une politique d’achats qui respecte non seulement l’environnement, mais également le bien-être social. Ce schéma inclut des directives pour encadrer les responsabilités des agents et les exigences des fournisseurs, faisant ainsi d’une intégrité des acteurs une priorité dans la chaîne d’approvisionnement.
Collaboration et partage des bonnes pratiques
Le CNRS collabore également avec d’autres institutions, notamment l’Inserm et l’Inrae, pour encourager les dispositifs d’incitation à la sobriété. Cela se traduit par des initiatives telles que des bonus pour les projets de recherche qui favorisent le réemploi et la mutualisation des équipements. Le partage d’informations et de meilleures pratiques autour des achats responsables est un levier clé pour améliorer collectivement l’impact environnemental de ces acquisitions.
Évaluation continue et affinement des méthodes
Pour accompagner le changement, le CNRS s’engage dans une évaluation continue de ses méthodes d’achat et de ses impacts. En travaillant avec Labos 1Point5, une initiative visant à quantifier les émissions de gaz à effet de serre des achats de recherche, le CNRS vise à affiner sa méthodologie en substituant des facteurs d’émission physiques à des facteurs d’émission monétaires. Cela permettra d’obtenir une évaluation plus précise et cohérente de l’impact environnemental de ses achats.
Vers une recherche durable et responsable
Dans ses efforts pour limiter son impact environnemental, le CNRS démontre qu’il est possible de mener des recherches de haute qualité tout en restant conscient des enjeux écologiques. Le défi cher à Stéphane Guillot, délégué scientifique au développement durable, est de trouver l’équilibre entre l’optimisation du bilan carbone et le maintien d’une recherche au plus haut niveau international. Les actions entreprises par le CNRS servent de modèle pour de nombreuses autres institutions souhaitant suivre une voie similaire vers un futur plus durable.
Perspectives futures pour le CNRS
Alors que le CNRS continue d’évoluer vers une approche plus responsable vis-à-vis de ses achats, l’organisation est également en phase de renforcer ses efforts dans le cadre de programmes européens. L’inclusion des enjeux environnementaux dans l’évaluation des projets de recherche est à l’ordre du jour, renforçant ainsi sa réputation de pionnier en matière de recherche durable.
Impact des innovations écologiques
Les initiatives mises en place par le CNRS montrent clairement que la sensibilisation, l’accompagnement et l’innovation sont des éléments déterminants pour réduire l’impact environnemental des recherches. L’introduction systématique de critères environnementaux dans les processus d’acquisition pousse toutes les entités associées à réfléchir de manière critique sur leurs pratiques d’achat.
Conclusion des initiatives
La combinaison de toutes ces mesures illustre la vision d’un CNRS engagé envers la durabilité et la responsabilité sociétale. En s’attaquant directement à ses principaux postes d’émissions, le CNRS ouvre la voie à une communauté de recherche plus verte et à un modèle d’achats exemplaire pour les autres organismes de recherche à suivre. Les efforts continus du CNRS sur ce chemin vers une recherche écologiquement durable ne peuvent qu’inspirer d’autres à prendre des mesures similaires.

Innovations du CNRS pour réduire l’impact environnemental de ses achats
Au cœur des préoccupations environnementales, le CNRS a pris conscience que ses achats représentent une part majeure de ses émissions de gaz à effet de serre, atteignant jusqu’à 85 %. Pour adresser cette problématique, l’organisme a lancé plusieurs initiatives afin de diminuer son empreinte carbone tout en maintenant la qualité de ses recherches.
Une des premières actions mises en place a été l’introduction de l’arbre de décisions sur les achats au sein de l’Institut Pierre-Simon Laplace (IPSL). Ce nouvel outil guide les chercheurs dans le processus d’achat en les encourageant à envisager des alternatives à l’achat neuf, comme le réemploi, la réparation ou l’achat d’occasion. Stéphanie Boniface, chargée de mission à l’IPSL, souligne que cet outil vise à inciter les collègues à réfléchir à la pertinence de leurs démarches d’achat.
Le CNRS a également adopté des mesures concrètes pour intégrer des critères environnementaux dans ses marchés publics. Dès mai 2023, il a été décidé d’appliquer ces critères, en anticipant les réglementations à venir. Aurore Debono, chargée d’études à la DDAI, précise que cette initiative s’accompagne d’un espace collaboratif pour aider les acheteurs à s’approprier ces nouvelles normes et à partager des bonnes pratiques.
Dans une approche plus systématique, le CNRS a mis en place une unité d’appui dédiée à l’analyse du cycle de vie (ACV) des produits achetés. Myriam Saadé, sa directrice, explique que l’ACV permet de quantifier l’empreinte environnementale des produits, de l’extraction des matières premières à la gestion des déchets, et aide ainsi à améliorer la performance environnementale des chaînes de production.
Enfin, Stéphane Guillot, délégué scientifique au développement durable, met en avant l’importance de trouver un équilibre entre la qualité scientifique et l’optimisation de leur bilan carbone. Il estime que ces initiatives prouvent qu’il est possible de mener des recherches de haut niveau tout en maîtrisant les impacts environnementaux des achats.
