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EN BREF
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À Fleurbaix, dans le Pas-de-Calais, Alexis Burette, le nouvel exploitant de la ferme familiale, remplace progressivement le maïs par des prairies temporaires pour améliorer la santé de ses vaches laitières. Suite à l’envolée des prix des matières premières liée à la guerre en Ukraine, Alexis met en œuvre des techniques de désherbage naturelles, profitant de l’herbe pour renforcer la structure des sols et diminuer les coûts en engrais. Cette initiative contribue non seulement à la durabilité de l’exploitation, mais a également permis d’augmenter la production laitière de 1000 litres par vache en un an.
À Fleurbaix, dans le Pas-de-Calais, Alexis Burette fait un choix audacieux en rompant avec la monotonie du « tout maïs » et en intégrant des prairies temporaires dans la rotation de ses cultures. Ce changement, motivé par la nécessité d’assurer la durabilité de son exploitation laitière, vise à améliorer la structure des sols tout en augmentant la longévité de ses vaches laitières. Grâce à des techniques agricoles innovantes, Alexis ambitionne non seulement de renforcer l’autonomie alimentaire de son élevage, mais également de réduire l’impact environnemental de ses pratiques.
Les débuts d’Alexis Burette sur la ferme familiale
Alexis est le premier des quatre enfants d’Elisabeth et Jean-Marc Burette à s’installer sur l’exploitation familiale. En tant que co-gérant depuis le 1er janvier 2026, il s’engage à poursuivre les efforts entrepris par ses parents pour moderniser et rendre l’exploitation plus durable. La ferme, qui abrite 65 vaches laitières et produit 690.000 litres de lait par an, souhaite répondre à l’évolution des besoins alimentaires et environnementaux. Alexis avoue que c’est une grande fierté pour sa famille de transmettre cet héritage agronomique.
Une agriculture tournée vers l’innovation
Lors de son arrivée, Alex a rapidement remarqué que l’exploitation était trop centrée sur le maïs. Conscient des enjeux climatiques et des variations du marché des matières premières, il décide d’introduire des prairies dans la rotation. « Le déclic a été au moment de la guerre en Ukraine, lorsque les matières premières ont flambé », explique-t-il. Pour lui, enherber pour désherber est une solution qui récompense l’exploitation tout en revenant à des pratiques ancestrales. Ces prairies, cultivées pendant trois ans, ont permis d’éliminer des adventices nuisibles comme les vulpins.
Des pratiques agroécologiques pour une durabilité accrue
Sa stratégie ne se limite pas à l’introduction de prairies. En collaboration avec un agronome et agriculteur indépendant, Alfred Gässler, Alexis vise à diminuer l’utilisation de maïs et de colza dans l’alimentation de ses vaches. Ce changement s’avère nécessaire : avec le changement climatique, le maïs, considéré comme une plante sécuritaire, devient de moins en moins fiable. Alexis partage : « J’étais sûr de remplir mes silos… aujourd’hui, c’est beaucoup plus aléatoire. »
Pour répondre à cette imprévisibilité, la famille Burette expérimente différentes espèces et variétés. Ils se sont engagés dans des essais de mélanges prairiaux, cherchant des solutions qui rivalisent avec le maïs en termes de volume et de résilience. Le trèfle violet, par exemple, a montré des résultats prometteurs, et Alexis espère maximiser la productivité de ses terres. Célestine, sa sœur, quant à elle, participe activement à la compilation des données de ces essais, un travail essentiel pour aider Alex à prendre des décisions éclairées.
La lutte contre les gaz à effet de serre sur la ferme
La réforme des pratiques agricoles a conduit la famille à réduire de 20% les gaz à effet de serre émis sur leur exploitation. Jean-Marc, le père d’Alexis, est un des pionniers dans ce domaine. Il a initié un bilan carbone dès 2015, cherchant à améliorer chaque aspect de leur fonctionnement : cela va de la réduction de l’âge au vêlage à une meilleure valorisation du fumier. Tous ces changements ont un impact direct sur la performance et la longévité des vaches laitières.
La diversification des cultures et l’intégration d’équipements technologiques, comme un localisateur d’engrais, ont également permis de rendre l’exploitation plus respectueuse de l’environnement. Ce processus d’amélioration continue représente un investissement de temps et de ressources, mais il assure la pérennité de l’exploitation face aux aléas climatiques croissants.
Les bénéfices d’une approche moderne et durable
Cette année, Alexis a décidé d’adopter le semis direct sous couvert. Cette méthode, qui implique de semer le blé directement sous un couvert végétal de trèfle vivant, a permis de réduire la consommation de fioul, responsable d’une part importante de l’empreinte carbone de la ferme. Selon Alexis, grâce à cette technique, la consommation de fioul par hectare est passée de 20 à 4,5 litres.
Les bénéfices de ces innovations sont nombreux. « Des sols en meilleure santé signifient des plantes en meilleure santé, et donc des animaux en meilleure santé », affirme Jean-Marc, tandis qu’Alexis renchérit que cette approche leur a permis de gagner 1000 litres de lait par vache en une seule année, tout en augmentant la marge brute de l’exploitation. Ce sont des résultats qui confirment les bénéfices d’une transition vers des pratiques agroécologiques.
Un soutien financier pour la transition agroécologique
La réussite d’Alexis a également été facilitée par l’accès à des financements qui soutiennent sa démarche innovante. Grâce à l’offre “Transition+” du Crédit Agricole Nord de France, il a pu bénéficier d’un prêt à taux préférentiel pour compléter son installation. Cette offre est conçue pour soutenir les agriculteurs engagés dans la transition agroécologique, encourageant des investissements mesurables en fonction des pratiques durables.
Avec un Indice de régénération (IR) de 78, Alexis a obtenu un prêt de 60 000 euros à un taux de 1,99%. Cette aide financière illustre l’importance croissante d’une démarche responsable pour les agriculteurs du Pas-de-Calais, et montre que des institutions financières commencent à reconnaître l’importance de l’agriculture durable.
Une vision collective pour l’avenir
Les actions mises en œuvre par la famille Burette ne sont pas seulement motivées par le profit, mais aussi par une volonté de contribuer à un avenir durable pour l’agriculture. En modernisant leurs pratiques et en adoptant des solutions innovantes, ils espèrent inspirer d’autres agriculteurs à faire de même. Alexis, en contact régulier avec d’autres éleveurs soucieux de leur impact environnemental, partage ses expériences et apprends de leurs méthodes. Ce partage de connaissances joue un rôle clé dans l’évolution des pratiques agricoles du Pas-de-Calais.
À travers ces efforts, Alexis Burette ne se contente pas de perpétuer l’héritage familial ; il en améliore également les fondations. Avec l’expérience de ses parents et sa vision personnelle, il construit une exploitation qui allie innovation, durabilité et respect de l’environnement, tout en préservant le bien-être de ses vaches. C’est un modèle qui pourrait inspirer l’avenir de l’agriculture française et au-delà.

Témoignages sur la transition agroécologique dans le Pas-de-Calais
À Fleurbaix, dans le Pas-de-Calais, Alexis Burette incarne une nouvelle vague d’agriculteurs engagés dans une transition agroécologique innovante. Tout juste installé sur la ferme familiale, il remplace le traditionnel maïs par des prairies herbeuses, apportant des bénéfices remarquables à la santé de ses vaches laitières.
Alexis explique son choix : « Le déclic a eu lieu pendant la guerre en Ukraine, lorsque les prix des matières premières ont explosé. Nous avons également observé des résistances croissantes sur certaines adventices. L’introduction d’herbe dans notre système a permis de réduire le besoin en engrais azotés et d’améliorer la structure de nos sols. »
Alors que ses parents, Jean-Marc et Elisabeth, ont posé les bases de cette ferme laitière, c’est Alexis qui pousse les limites de l’innovation. « Enherber pour désherber », confie-t-il avec humour. Ce retour à des pratiques anciennes a eu un impact significatif. « Au bout de trois ans de prairies, les vulpins ont disparu et notre maïs suivant a été notre plus belle récolte. »
La famille Burette travaille main dans la main avec un agronome pour sécuriser leurs stocks fourragers. Alexis souligne : « Nous avons encore beaucoup de maïs dans la ration, mais nous visons à le diminuer pour davantage d’autonomie. Le changement climatique a rendu cette culture moins sûre. »
Avec l’objectif de réduire les gaz à effet de serre sur la ferme, Jean-Marc Burette a commencé à modifier ses pratiques dès 2015. Il a réduit l’utilisation d’engrais, augmenté la longévité de ses vaches et surtout, il a investi dans des technologies innovantes comme un localisateur d’engrais pour optimiser la fertilisation.
Cette année, Alexis a encore poussé l’expérimentation plus loin en semant du blé en direct sous couvert de trèfle vivant. « Nous avons réussi à diminuer notre consommation de fioul de manière significative, tout en augmentant la quantité de lait produite par vache, avec un gain de 1000 litres en un an. »
La famille se réjouit des résultats. « De meilleurs sols mènent à de meilleures plantes, et donc à des animaux en meilleure santé », insiste Jean-Marc. Cette approche systématique de l’agriculture permet non seulement de sauver de l’argent, mais aussi de préserver l’environnement et le bien-être animal.
Alexis a également bénéficié d’un prêt à taux préférentiel pour soutenir ses efforts de transition agroécologique, prouvant que des pratiques durables peuvent avoir des retombées financières positives. « Notre objectif est d’inscrire cette exploitation dans une démarche respectueuse de l’environnement tout en gardant la rentabilité. »
